Démarche

Mon travail, oscillant entre geste manuel et numérique et prenant appui sur les différentes techniques de gravure et d’image imprimée, s’hybride au dessin, à la couture et à l’installation. Il cherche à créer un espace où le spectateur est invité à se déplacer, à recomposer l’image et à devenir co-auteur de l’œuvre. Mon travail aime jouer sur l’ambiguïté esthétique pour interroger notre capacité – ou notre refus – à affronter la violence du réel. Il utilise les outils de l’imaginaire et de la couleur pour transformer l’espace du regard en un espace de résistance activable par le spectateur, à rebours du scrolling permanent et de l’image dite « évidente ». Mais plus qu’une expérience visuelle formelle, mon travail s’inscrit dans l’urgence écologique et les questions contemporaines d’identité.

À travers mes projets, je cherche à rendre perceptible l’impact de l’humain sur la nature, à interroger notre responsabilité collective et à provoquer une expérience sensible de la crise environnementale. Mes œuvres sont des « pièges à papillons » où se confrontent plaisir esthétique immédiat et désillusion d’un monde en crise.

Le motif de l’eau et de la flore revient souvent. Il coexiste avec d’autres symboles et incarne la fragilité de nos écosystèmes ainsi que les conséquences de nos actions sur le vivant. La question du territoire reste centrale dans mon travail : il peut être naturel ou symbolique, celui dans lequel nous vivons. Je considère que la crise écologique et la question du territoire sont indissociables de celle de l’identité. Je cherche sans cesse à explorer des territoires hybrides et transnationaux. L’image imprimée et le textile deviennent des espaces de dialogue avec la matière et l’autre, révélant les tensions et rencontres qui façonnent nos identités dans un monde globalisé.

Chaque projet s’ancre dans le précédent tout en ouvrant de nouvelles voies, traçant des récits où corps, eau et territoire se mêlent. Mon travail ne se contente pas d’observer le monde : il s’engage, interroge nos manières d’habiter la Terre et affirme la nécessité de réinventer notre rapport à la nature et à nous-mêmes, tout en conservant une forme d’optimisme féroce, source d’espoir dans la lutte.