if words were flowers...
«IF WORS WERE FLOWERS....» Xylographies polychorme sur papier de soie, 50 x70, 2025 “If words were flowers” est un travail à long court qui a débuté en 2023 avec une série intitulée versus Le travail présenté au waw est une étape de travail à ce qui devrait être finalisé fin 2026. la série Versus I à IX, dans laquelle j’ai réinterprété des motifs textile traditionnels en collages puis en sérigraphie. Ces motifs ne sont pas de simples ornements : ils sont des archives vivantes, traversées d’histoires, de circulations et de tensions — entre traditions et modernités, identités mouvantes et récits dominants figés. Aujourd’hui, je crée de nouveaux motifs en gravure sur bois, imprimés sur papier de soie. À première vue, ils séduisent par leur élégance florale ; mais, sous la surface, ils abordent des enjeux politiques brûlants : crises sociales et écologiques, génocide en Palestine, guerre en Ukraine Ce sont des motifs d’évitement — des « jolies fleurs » que l’on contemple sans entendre ce qu’elles disent. Cette ambiguïté esthétique questionne notre capacité (ou notre refus) à affronter la violence du réel. Elle interroge l’espace du regard comme un espace de résistance, activable par le spectateur, à rebours du scrolling permanent et de l’image dite « évidente ».Ces impressions sur papier de soie seront ensuite intégrées, grâce à la technique du chine-collé, à mes lithographies qui traitent du quotidien et d’une certaine forme de naïveté. Pourtant, le climat politique demeure présent : diffus, latent, comme un paysage qui imprègne tout. Dans leur silence, ces motifs crient. Ils ne représentent pas seulement : ils incitent à voir, à écouter, à agir. La force du propos contraste avec la matérialité même du projet : le papier de soie — fragile, presque éphémère, d’abord conçu pour envelopper les bouquets — devient un espace de contradiction. Il porte à la fois l’impuissance et la vulnérabilité, mais aussi la prise de position. Ce « papier de soi » sans e, glisse de matière vers l’intime, exposant le « je » face à un monde violent.